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Sante
Le 02.12.2016 | Par Lara

Les selfies : une addiction qui cacherait une maladie mentale

Depuis quelques années, la mode du selfie ne cesse de prendre de l’ampleur, au point d’être devenue un véritable phénomène de société.

En 2013, plus de 50 millions de photos avec le hashtag #selfie ont été postées sur Instagram ! Cette tendance a été décryptée par des experts qui affirment que ce culte de l’autoportrait serait lié à une forme de maladie mentale. Le selfie frise-t-il le délire ? Décryptage.

Le selfie ou le culte de l’égo poussé à l’extrême

La tendance du selfie est sans aucun doute l’un des phénomènes de société les plus intéressants à observer de la décennie ! Cette génération hyper connectée cultive le culte de la personnalité à l’extrême sur les réseaux sociaux et en ce sens, le selfie incarne cet égo totalement décomplexé qui atteint des proportions démesurées… En effet, toutes les situations de la vie courante deviennent prétextes à selfies à partager ensuite sur Facebook, Twitter ou Instagram : au saut du lit, dans l’ascenseur, devant un arrêt de bus, face au miroir et même après l’amour…

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Une forme de narcissisme doublée d’un exhibitionnisme parfois malsain, qui frise le ridicule ! Parfois, il atteint des proportions délirantes et extrêmement dangereuses comme se prendre en photo sur un train en marche, au sommet d’une grue, etc.

Certains experts relient l’excès de selfies à certains problèmes de santé… mentale ! En effet, David Veal, psychiatre britannique réputé, affirme que 75% de ses patients souffrant de troubles de dysmorphie corporelle (préoccupation excessive liée à un défaut de l’apparence physique) ont l’habitude de prendre plusieurs selfies dans la journée avant de les poster ensuite sur les réseaux sociaux.

Une thérapie pour traiter l’addiction aux selfies

Pour soigner cette « maladie » addictive, les patients du Docteur David Veal ont suivi une thérapie cognitivo-comportementale. Certains ont d’ailleurs témoigné sur leur comportement compulsif, et comment prendre du recul par rapport à la prise obsessionnelle d’autoportraits.

Cependant, beaucoup de spécialistes s’interrogent sur le sujet. La prise de selfies est-elle une cause ou un symptôme de maladie mentale (dépression, tendances suicidaires, etc.) ?

En effet, de nombreux psychiatres conseillent aux parents de surveiller le comportement de leurs adolescents sur les réseaux sociaux pour éviter certaines dérives.

Danny Bowman : premier cas recensé de toxicomanie selfie

L’exemple de Danny Bowman, un britannique de 19 ans, illustre bien les dérapages du selfie. En effet, celui-ci a tenté de mettre fin à ses jours parce qu’il avait raté son selfie ! Son objectif était d’atteindre le selfie idéal, et pour y parvenir, il a passé 10 heures par jour pendant plusieurs semaines à prendre 200 clichés quotidiens de lui.

Pendant cette période de « folie » mentale, Danny Bowman a perdu 24 kilos et a raté ses cours pour rester chez lui afin de prendre inlassablement des photos de lui-même du matin au soir. Résultat : il n’est pas arrivé à prendre le selfie qu’il voulait et cet échec l’a poussé à vouloir se suicider (sa mère l’a sauvé in extremis). Après cette expérience, le jeune homme a témoigné sur cette dépendance.

Il a expliqué que cette quête du selfie idéal l’avait plongé dans une telle détresse mentale qu’elle lui avait ôté le goût de la vie. Danny Bowman est le premier toxicomaneselfie enregistré qui a suivi la thérapie destinée à soigner le trouble de dysmorphie corporelle et TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs). Il a été admis à l’Hôpital Maudsley de Londres, où il a appris à vivre sans smartphone.

Son téléphone a été « réintégré » dans son quotidien de manière progressive : une durée de 10 minutes au début, qui a évolué jusqu’à une heure à la fin de sa thérapie. Le jeune homme a expliqué que se débarrasser de son smartphone a été une véritable souffrance mais qu’à force de volonté, il est parvenu à surmonter cette dépendance.

Selon les autorités de santé publique au Royaume-Uni, le nombre de cas similaires à celui de Danny Bowman ne cesse de croître. En 2014, 100 personnes souffrant de dépendance aux réseaux sociaux ont suivi la même thérapie cognitivo-comportementale.

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